Micronutrition et infertilité

Micronutrition et infertilité

 

 

INTRODUCTION ET PRESENTATION

L'infertilité concerne un couple sur six, et un couple sur dix aura recours à des traitements inducteurs de l'ovulation ou des techniques de procréation médicalement assistées (PMA).

Au cours de la vie reproductive, de nombreux facteurs environnementaux comme la nutrition et le style de vie sont capables d'agir sur la fertilité. Ce sont des facteurs épigenetiques, qui agissent directement ou indirectement sur nos gênes, sans les modifier, mais en leur permettant de s'exprimer, ou au contraire en les réprimant.

Une nutrition optimale et préventive a un impact sur la gamétogénèse, la fécondation, la nidation, la placentation et le développement embryonnaire précoce.

D'autres implications santé influencent l'épigénétique, comme les maladies métaboliques (notamment l'insulinorésistance dont la présence s'avère néfaste en matière de fertilité), expositions à certains toxiques et polluants environnementaux (aluminium), stress psychologique chronique, tabagisme, consommation d'alcool et de caféine.

 

NUTRITION ET MICRONUTRITION

Le rôle du poids sur la fonction ovulatoire, et plus encore la relation entre apports et dépenses énergétiques, est bien établi, que ce soit dans un sens de restriction ou d'excès calorique.

En nutrition, la composition alimentaire en hydrates de carbone, lipides et protéines peut aussi avoir un impact sur l'ovulation.

Certains glucides plutôt que d'autres seront à favoriser, dans le but de ne pas développer une insulinoresistance, ou de diminuer une insensibilité à l'insuline déjà présente au niveau de certains tissus cibles comme le muscle ou le tissu adipeux.

Le sucre des produits laitiers, le lactose, tient une place un peu particulière et la nature même des produits laitiers consommés peut avoir une action positive ou non sur la fertilité en fonction de leur teneur en matières grasses.

La nature des lipides consommés intervient également sur la fertilité en perturbant notamment les cycles menstruels avec un allongement de la phase folliculaire.

Dans l'analyse de la Nurses' Health Study, les acides gras trans, retrouvés principalement dans les produits alimentaires industriels, augmentent le risque d'infertilité par anovulation. A l'inverse, les acides gras monoinsaturés tiennent une place prépondérante dans l'amélioration de la fertilité.

Toujours selon cette dernière étude, le choix des protéines, animales ou végétales, peut influer favorablement ou non sur l'infertilité d'origine ovulatoire.

Enfin, plus spécifiquement, le développement de la micronutrition ces dernières années a mis en évidence l'importance de certains oligo-minéraux comme le fer ou certaines vitamines, principalement celles du groupe B, dans le risque d'infertilité ovulatoire ou l'augmentation du taux de grossesse en fécondation in vitro (FIV) par amélioration de l'implantation embryonnaire. Le risque de fausse couche ne semble par contre pas lié au taux de folates et à l'hyperhomocystéinémie.

Une alimentation riche en anti-oxydants aura un impact certain sur le stress oxydatif, lui-même fortement correlé à la folliculogenese, la maturation ovocytaire la fécondation et le developpement embryonnaire.

Quelques études chez l'homme ont montré un impact positif de la supplémentation en anti-oxydants sur les paramètres spermatifs.

 

CONSULTATION ET BIOLOGIE

La consultation de micronutrition apparait donc tout à fait importante, que ce soit dans un problème d'infertilité ou de projet de grossesse spontanée. Dans les deux-cas, il y a un intérêt majeur à consulter, soit avant le début d'un traitement PMA, soit avant la conception. Malheureusement dans ce dernier cas, les conseils alimentaires sont trop souvent donnés alors même que l'organogénèse a débuté.

En cas de grossesse avérée, des conseils nutritionnels et micronutritionnels seront d'interet majeur le premier mois de gestation (segmentation de l'œuf à 4 semaines d'amenhorrée et début de l'organogénèse).

Cette consultation de micronutrition, dans le cadre d'infertilité, pourra être très utilement complétée par un bilan biologique approprié et spécifique aux problèmes conceptionnels rencontrés.

 

CONCLUSION

L'alimentation, tant par les apports énergétiques que par la composition en nutriments et micronutriments (oligo-éléments, vitamines et fibres), semble jouer un rôle non négligeable sur la fonction ovulatoire, la qualité ovocytaire et l'implantation embryonnaire.

La micronutrition, discipline d'apparition relativement récente, aura néanmoins besoin d'études complémentaires afin d'établir des protocoles de prise en charge nutritionnels spécifiquement adaptés en fonction des problèmes d'infertilité rencontrés par les couples qui ont fait la démarche d'aide médicale conceptionelle.

 

Source: Les Cahiers de nutrition et Dietetique "Nutrition et infertilité féminine